Enfants autochtones disparus – Le gouvernement du Québec soutient les familles autochtones dans leurs demandes d’exhumation de leurs enfants

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Afin de répondre aux besoins de deux familles qui ont exprimé la volonté de faire exhumer les dépouilles de leurs enfants décédés pour leur offrir une inhumation digne, le gouvernement du Québec annonce aujourd’hui avoir obtenu les ordonnances de la Cour supérieure. Le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, M. Ian Lafrenière, en a fait l’annonce en compagnie du ministre de la Sécurité publique, M. François Bonnardel. Le gouvernement accordera une importance particulière à la protection de l’intimité et de l’anonymat des familles concernées tout au long du processus.

Les familles des deux enfants concernés par les exhumations sont accompagnées dans leurs démarches, en vertu de l’article 18 de la Loi autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d’enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d’une admission en établissement, qui prévoit que « le ministre peut assister les familles d’enfants autochtones disparus ou décédés dans leurs démarches entourant une demande à la Cour supérieure afin qu’elle ordonne l’exhumation ». Par cette loi, le gouvernement du Québec souhaite aider les familles et les communautés à lever le voile sur le sort de leurs enfants.

Tous et toutes espèrent ainsi comprendre les circonstances de la disparition ou du décès des enfants après leur admission en établissement et, si cela est possible, une confirmation de l’identité des corps.

Depuis l’entrée en vigueur de la Loi, en septembre 2021, la Direction de soutien aux familles du Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit, en collaboration avec l’Association des familles Awacak, accompagne ainsi quelque 80 familles dans la recherche d’informations sur les circonstances du décès ou de la disparition de plus de 120 enfants. Au cours de leurs démarches, plusieurs de ces familles ont formulé le souhait de faire exhumer les dépouilles des enfants, dont la plupart n’ont pas été inhumés dans les cimetières des communautés. Elles souhaitent leur offrir une inhumation près des leurs et être entourés de leurs proches.

Pour mener à bien le processus d’exhumation, la Direction de soutien aux familles a réuni, outre l’Association des familles Awacak, l’ensemble des partenaires gouvernementaux concernés pour accompagner les familles qui le souhaitent. Ainsi, le Bureau du coroner et le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, qui effectueront les analyses nécessaires en vue de l’identification des dépouilles, seront des acteurs de premier plan dans le processus d’exhumation et les expertises requises par les familles. Les exhumations visées pourraient avoir lieu au courant de l’été.

Les représentants des médias seront invités à une rencontre au cours des prochaines semaines, afin de leur présenter les différents aspects techniques.

Citations :

« Cette nouvelle étape, bien qu’importante, sera difficile pour des familles déjà éprouvées. Les exhumations visées par ces deux premières ordonnances de la Cour apporteront, je l’espère, des réponses supplémentaires à celles qui ont déjà été transmises lors des recherches menées dans le contexte de la Loi, en plus de prodiguer un sentiment de paix aux familles qui ont grandement souffert depuis la disparition de leurs enfants. Je salue le courage, la résilience et la détermination des proches et je suis avec eux de tout cœur. Ces démarches éprouvantes demeureront confidentielles, afin que l’intimité et l’anonymat de ces familles soient protégés, comme je m’y suis engagé depuis le début. »

Ian Lafrenière, ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit

« Depuis plusieurs mois, le gouvernement du Québec s’assure que les familles qui le souhaitent ont accès à toutes les ressources requises pour procéder aux exhumations, y compris aux expertises du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, qui peut apporter certaines réponses au moyen des technologies d’identification. Nous espérons de tout cœur que cet éclairage scientifique aidera les familles dans leurs recherches de renseignements et dans leur processus de guérison. »

François Bonnardel, ministre de la Sécurité publique

« Pour ces premières exhumations, je suis très contente de la belle ouverture de la justice face aux demandes des familles. Cette ouverture rassure beaucoup les familles, qui sont sorties apaisées de leurs insécurités. Maintenant que nous avons traversé la première épreuve, nous avons le sentiment d’être entendus. Cela sera moins stressant pour les prochaines familles qui souhaiteront faire des demandes, que nous pourrons rassurer. »

Françoise Ruperthouse, directrice générale de l’Association des familles Awacak

Liens pertinents :

www.autochtones.gouv.qc.ca
http://www.quebec.ca/enfantsdisparus